CoreAndCo su “Sadomasokissme”

CoreAndCo su “Sadomasokissme”

A poche settimane dalla sua pubblicazione, CoreAndCo recensisce in esclusiva per la Francia il secondo LP “Sadomasokissme“!

CoreAndCo: “Sadomasokissme”

A l’époque où, à l’occasion d’une Merguez Party particulièrement nawak, on était tombé sur Penis Barbecue, un doute s’était insinué en nous: Give Us Barabba était-il plutôt adepte d’expériences culinaires extrêmes, ou bien de pratiques SM nécessitant Biafine et Vaseline? Et puis dites, ce saxo, cette capacité à l’autodérision narquoise, ce morceau moins foufou intitulé « Devin Townsend »: n’y avait-il pas un risque bien réel que les Italiens abandonnent un Nawak Metal débridé pas toujours facile à assumer (cf. le texte de « My Band Sax ») pour un Metal Prog plus posé, et mieux accepté par une intelligentsia métallique finalement plus bobo que déglingo?

Eh bien Sadomasokissme va rassurer les plus inquiets des Bozo de l’assistance en mettant bien fort les points sur les i et les poings au fond des Bi! Gourmets les Barabbaphiles? Certes, mais au menu c’est sucettes à la queue de cheval (cf. « Lollipop Flavoured Horse Steak ») et grosse banane pas uniquement servie en travers de la trogne (« Spider Banana »). Prog les Barabbidules? Peut-être, mais alors à la façon d’un 6:33, avec du poil et du youpla autour.

Car les Vénitiens n’ont pas changé d’un pet leur trajectoire, et c’est sans surprise qu’on retrouve guitare, saxo, clavier et propos scabreux au service d’un Nawak Metal survolté qui sait être déconnant sans être débile, remuant sans être hystérique, accrocheur sans être facile. Et cette fois encore ce manifeste de Metal joyeusement décadent se visite comme une galerie aux atmosphères changeantes, aux salles thématiques, et aux œuvres faisant usage de toute la palette musicale allant de l’infrarouge guttural aux ultraviolets nasillards. A ce propos, c’est le moment adéquat pour signaler que, en complément du formidable foisonnement instrumental ici proposé, Alessandro Numa offre une superbe prestation, son large panel vocal ne se contentant pas de s’inscrire pieusement dans les pas de Maître Patton, mais visitant les registres crooner / heavy metal singer / toon character / Italian lover / […] avec panache, décontraction et personnalité.

Alors s’il fallait absolument reprocher quelque-chose à Sadomasokissme, ce serait sans doute un léger déséquilibre entre les 2 « faces » (« … ça se dit encore Micheline? Vérifie, et dis-moi. Sinon je vais encore avoir l’air d’un vieux con… ») de l’album. Sur la première moitié réside en effet la majorité des instants d’exception offerts par l’album, que ce soit la bondissante et très europhile introduction « An International Acrobat Reader », le tube Fusion/Nawak « Sadomasokissme », le plus Rock mais joliment allumé « Your Mother is My Father », ainsi que « Drink Wine = Ass Flames » qui mêle les cordes d’Infectious Grooves à des chœurs Hardcore, ainsi qu’à une belle ascension mélodique lors du refrain. La 2e moitié brille également de mille feux, mais on en garde plus l’impression d’une collection d’exercices de style qui font mouche (trip cubain saxonirique sur « Spider Banana », Bossa Nova égrillarde sur « Rio 2016 », Metallica’n’Roll sur « Lollipop », pastiche Nanowar desque sur « Bombolardo ») que d’une véritable avalanche de hits. Sauf que « The Troubled Story of Boris Becker’s Balls » vient mettre à mal cette description bipolaire honteusement simpliste, ce titre mélangeant Queen, Reggae, Rammstein et chaleureux élans mélodiques avec la force et l’impact des aces du malheureux BoumBoum…

« Comment Micheline? Quoi? Non…!?? Attends voir: laisse-moi vérifier… Bordel, mais tu as raison! »

Comme me le fait justement remarquer Micheline, le chapitre précédent laisse entendre que la 2e moitié de Sadomasokissme serait faiblarde. Arf non mais pas du tout les aminches! C’est juste que les notes griffonnées dans mon calepin pour préparer cette chronique affichent plein de 18/20 en marge des premiers titres, alors que ça tombe plus vers le 15-16 sur la 2e moitié. M’enfin vous avouerez que vous-mêmes ne récoltiez pas beaucoup de 16 au lycée, hein, bande de cancres!

Le message est donc clair: Sadomasokissme prolonge et renforce encore un peu plus cette formidable relation nawakosexuelle qui avait déjà préliminé sous les meilleurs auspices avec Penis Barbecue. Le Metal de nos amici transalpins pétille, virevolte, titille, ricane, rentre, sors, rentre, sors, rentre – Hé Ho, Rocco, tu me lâches oui? – jusqu’à nous convaincre tout à fait. On en trouverait presque le monsieur de la pochette séduisant à la fin… C’est dire quel effet fait cette foutue galette!

La chronique, version courte: plus fort, plus turgescent, plus fou, plus « gag ball & coussin péteur barbelé » que jamais, avec Sadomasokissme Give Us Barabba continue sur la lancée de Penis Barbecue, en plus convaincant encore. Mamma Mia la scène Nawak Metal italienne è molto sexy!

Rating 8,5/10

review by Cglaume

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